Hors l'Eglise

 

Une stratégie du dedans-dehors

Depuis 1976, les relations complexes de l’Office Culturel de Cluny avec l’Eglise catholique peuvent se résumer à ceci : ni trop de proximité, ni trop d’éloignement.

Les centres culturels se font connaître des évêques, accueillent les prêtres ; les « clunisiens » participent  à la vie des paroisses, aux activités du diocèse et sont repérés comme chrétiens « engagés ». Ainsi quand  des inquiétudes de parents, de familles ou d’élus apparaissent concernant les activités des centres culturels,  la labellisation chrétienne devient alors opposable à toute interrogation.

Ce positionnement d’éloignement-proximité permet en réalité d’éviter toute vigilance épiscopale, en l’absence de statut canonique. L’OCC  joue sur les différents positionnements des évêques selon leur sensibilité personnelle, les centres culturels étant dans huit diocèses en France.

Il est d’usage dans le récit clunisien d’opposer prophétisme et institution, la communauté de fait de l’OCC ne pouvant entrer dans aucun cadre canonique, en raison même de son messianisme. Sont alors invoqués des propos épiscopaux : « Vous avez cinquante ans d’avance ».

En décembre 2013, les « clunisiens » ont fêté discrètement les cinquante ans de l’œuvre.

 

Une enquête ecclésiastique

Les premières accusations de secte ont commencé en 1981. Des centres culturels avec chapelle et présence réelle, animés par des jeunes qui trois fois par jour vont dire un office para-monastique avec de grands habits blancs, signes d’une consécration, peuvent légitiment poser question en régime de laïcité : centres culturels ou cultuels ?

Une enquête canonique est menée par le diocèse de Lyon la même année : elle fait le constat de la confusion pour les communautaires entre for interne et for externe, soit un risque possible d’aliénation et de manipulation des personnes. Est demandé  aussi l’éloignement d’Olivier Fenoy.

La plupart des « clunisiens » n’ont pas eu connaissance des conclusions de l’enquête. Celle-ci n’a pas été vraiment suivie d’effets, hormis la nomination d’un évêque accompagnateur.

(voir document Pour mémoire)

 

Des engagements perpétuels privés

La question la plus grave concerne les personnes : la communauté des « clunisiens », quand elle est devenue plus nombreuse a suscité de grandes réserves de la part des responsables de l’Eglise catholique sur la nature canonique d’une communauté mixte où sont prononcés des engagements perpétuels.

Il n’existe pas de vœux perpétuels privés, sans statuts approuvés par l’Eglise qui définissent un projet et garantissent la pleine liberté de chacun des membres.

L’Eglise a donc engagé un travail avec l’OCC, dans les années 1990, avec des canonistes nommés par l’archevêché de Lyon. Au terme de plusieurs années de travail, les canonistes ont élaboré avec quelques « clunisiens » en 1997, un statut qui reconnaissait  la communauté comme association privée de fidèles. Beaucoup de « clunisiens » étaient alors très favorables à ce statut mettant un terme définitif aux accusations récurrentes de secte, épuisantes psychologiquement en interne.

Mais cette proposition a été refusée par Olivier Fenoy. En effet, elle introduisait dans le fonctionnement de la « pseudo-communauté » la nécessité d’élection libre du responsable (ce qui entrait en contradiction avec la mission inspirée du fondateur.)

Malgré tout, devant la pression interne, celui-ci a déplacé  le problème de cette reconnaissance : d’abord, l’OCC, association de droit français, ne pouvait être une structure ecclésiale. Ensuite, plus récemment, nouvelle mutation, la « pseudo-communauté » est présentée comme une sorte de corps intermédiaire avec des « compagnons » autour du fondateur qui se consacrent au « grand œuvre de la Beauté qui sauve le monde ».  Ces corps constitués autour de chartes professionnelles écrites par chaque centre échappent donc à toute juridiction ecclésiale, puisqu’ils se définissent sur des objectifs de travail et non plus sur une spiritualité ou un charisme.

Cette « pseudo-communauté » est aujourd’hui hors l’Eglise, elle ne relève que de l’autorité du fondateur.

 

(Voir Documents Communiqués de la CEF et du cardinal Barbarin 2013 et 2014)

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